Mise à jour Avril 2024 :
Suite à cette réflexion et à cet article de blog, les éditions Hatier m’ont contacté pour un projet éditorial. Après plus d’un an de travail et de tests dans plusieurs classes, un livret d’entrainement à l’orthographe fluide est paru le 10 Avril 2024.
Il est disponible :
Un fichier photocopiable paraitra également fin Juin 2024.
Nous sommes tous d’accord pour dire que l’orthographe pose problème à nos petits français.
La recherche le montre aussi en comparant les résultats aux évaluations avec d’autres pays.
La source principale de difficultés de nos élèves est l’orthographe grammaticale : les règles d’accord entre le sujet et le verbe, les accords au sein du groupe nominal ou encore les accords du participe passé.
En effet, par exemple dans ma classe, lors d’une dictée du jour, mes élèves avaient à écrire « Les meilleures écoles de danse s’affrontent… » Plus des trois-quarts des élèves ont orthographié l’adjectif de la phrase ainsi : « meilleurs » et la plupart des élèves ne comprenaient pas la nécessité d’un « e » à la fin de l’adjectif de ce groupe nominal.
Depuis quelques temps, je ne suis pas très convaincu de mon enseignement de l’orthographe : je trouve que le rouleau compresseur des notions à assimiler que l’on inflige aux élèves n’est pas du tout adapté.
Pour pouvoir bien construire et arriver à automatiser les notions avec nos élèves, il est important de ne pas aller trop vite en orthographe… Hélas, la lourdeur des programmes ou les méthodes que l’on utilise dans nos classes nous poussent pourtant à le faire.
Mais n’est-il pas plus important de poser les fondations en travaillant les notions (telles que l’accord dans le GN ou l’accord S-V) très progressivement, sans brûler les étapes ?
Ma remise en question par rapport à l’enseignement de l’orthographe a d’abord démarré depuis l’an dernier, mais celle-ci s’est nettement accélérée lorsque j’ai écouté, pendant les vacances de Février, la conférence « Orthographe, Grammaire : des outils pour mieux comprendre » de l’inspecteur Patrick Luyat dans un premier temps, et suite à ma lecture de l’ouvrage ci-dessous
« Comment enseigner l’orthographe aujourd’hui ? »
de Catherine Brissaud et Danièle Cogis édité chez Hatier.

Dans cet ouvrage, non seulement on découvre comment rendre efficace l’enseignement de l’orthographe concrètement mais également comment éviter que les mêmes erreurs persistent à l’école. La démarche proposée dans ce livre est souvent la même : à partir de corpus de phrases bien choisies, on laisse la place à l’observation et à la réflexion orthographique pour arriver à une règle simple. Des séquences d’enseignement et un certain nombre d’activités variées sont développées pour aborder quelques notions fondamentales de manière assez progressive : le mot d’ordre est de prendre le temps, et d’y aller étape par étape, et je trouve ça à la fois rassurant et encourageant. En tout cas, ça donne envie de tester les activités qui sont proposées.
Des exercices de classement, des recherches d’intrus parmi une liste, des analyses de phrases, des dictées courtes pour appliquer les règles construites sont par exemple des activités que l’on peut proposer à nos élèves. On peut proposer des activités individuelles, d’autres en groupe et d’autres encore en collectif. Quand on leur propose de travailler en groupe sur un exercice de tri et de classement par exemple, il est important de demander une justification écrite : tout le monde est alors obligé de réfléchir dans le groupe et pas seulement les plus rapides. La justification du choix orthographique pour tous les types d’activités doit être demandée à chaque fois.
Parmi les notions importantes à enseigner, le travail sur les accords est la priorité dans l’enseignement de l’orthographe : accorder le sujet et le verbe, accorder les différents constituants dans le groupe nominal mais aussi accorder l’attribut avec son sujet. Repérer les constituants d’une phrase est donc primordial pour nos élèves : l’enseignement du repérage du nom, du verbe, du déterminant, de l’adjectif… et la compréhensions des fonctions grammaticales doivent s’enseigner aussi de manière spécifique et cela, dès le cycle 2. Toutes ces notions grammaticales enseignées spécifiquement (natures, fonctions) permettront, en effet, aux élèves, de comprendre l’importance de les repérer puisque cela leur permettra d’accorder correctement les éléments d’une phrase.
Ce que j’ai retenu en lisant cet ouvrage, s’il y avait une chose à retenir, ça serait : pour que les élèves se posent des questions quand ils écrivent, il faut alors leur proposer des exercices où ils doivent s’en poser et mener une réflexion. Les exercices qui ne demandent aucune recherche, aucune réflexion aux élèves sont à proscrire, comme celui-ci dessous :
Pour développer cette réflexion orthographique, j’ai mené avec mes élèves quelques séances où j’essayais à chaque fois de leur demander une véritable réflexion orthographique. J’ai même fini par en créer un jeu de plateau pour les habituer à développer cet effort de réflexion et c’est loin d’être un réflexe : ils doivent donc s’entrainer ! Et rien de mieux que par le jeu.
Voici « EN ROUTE VERS ORTHOREFLEX »
Ce jeu est à la fois individuel mais également coopératif car les joueurs défient tous ensemble le monstre ANTIREFLEX (orthographique) qui ne doit pas arriver dans le monde ORTHOREFLEX avant l’un d’entre eux.
Dans ce jeu, vous trouverez :
96 Cartes au total, avec 3 types de cartes différentes.
– 32 cartes de couleur rose : il faut transformer un groupe nominal (à écrire sur l’ardoise)
– 32 cartes de couleur verte : il faut trouver un intrus et justifier sa réponse. Pour ce type de cartes, les camarades peuvent donner un indice inscrit au dos de la carte.
– 32 cartes de couleur jaune : il faut choisir le bon sujet ou le bon verbe et indiquer ce qui leur a permis de faire leur choix.
– 1 plateau
– des jetons « monstre antiréflex »
– une règle du jeu
Il faudra seulement prévoir en plus : un dé et des pions (4 maximum).
J’ai pris le parti de proposer ce jeu que pour 4 joueurs maximum pour que les échanges et les temps d’attente soient le plus adaptés pour une meilleure réflexion orthographique.
Si les joueurs perdent face au monstre antiréflex, cela leur montre qu’ils n’ont pas encore toute la réflexion nécessaire : il faudra donc encore continuer à s’entrainer !
Mise à jour Avril 2024 :
J’ai retiré ce jeu en téléchargement gratuit. Il sera disponible dans le fichier photocopiable « Pour une orthographe fluide » édité chez Hatier fin Juin 2024 : ici
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Dans l’ouvrage que je viens de vous parler, il est proposé de mener 3 grands types d’activités :
- des chantiers d’étude que est un travail en plusieurs phases avec une étude de corpus (avec classement et confrontation)
- la phrase du jour (dictée ou donnée) où l’analyse est à faire et les notions travaillées sont à réinvestir
- le remue-méninge orthographique : je vois ça comme un rituel qui permet d’entrainer les élèves à réfléchir sur la langue et à justifier leurs choix.
Je pratiquais déjà dans ma classe la phrase du jour une fois par semaine mais pas les deux autres. J’ai donc changé quelques habitudes et j’ai notamment testé plusieurs fois des remue-méninges orthographiques :

Voici la justification d’un élève lors de cet exercice.

Je vous propose un diaporama en version POWER POINT avec une base de remue-méninges et les corrections : ici
J’ai aussi proposé plusieurs activités de tri et de classement où les élèves devaient justifier leurs choix, souvent à partir d’étiquettes. Voici par exemple les étiquettes que j’ai données au élèves pour aborder le pluriel des mots en -al et -ail.

Ensuite, l’activité d’écriture en parallèle est importante. Prendre le temps pour faire écrire abondamment, (notamment sur des textes courts) et bien prendre du temps pour faire réfléchir au sens des textes développent non seulement la capacité à écrire et à comprendre les textes, mais aussi la capacité à orthographier.
Enfin, des activités à partir des erreurs des élèves sont nécessaires pour faire évoluer les conceptions orthographiques des élèves, parfois bien ancrées. J’ai donc repris en petit groupe le fameux groupe nominal (abordé plus haut dans l’article) qui avait posé problème à tant d’élèves.

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Voici le sommaire de l’ouvrage dont je parle plus haut : plusieurs notions sont abordées et notamment celles concernant les accords.

Je trouve que l’enseignement de l’accord sujet-verbe est important et voici quelques éléments indiqués dans l’ouvrage que je trouve très justes.
La règle est simple à dire : le verbe s’accorde avec son sujet. Mais, pour la mettre en œuvre, il faut maitriser, entre autres :
– les notions mêmes de sujet, de verbe, d’accord;
– le repérage du sujet et du verbe de la phrase;
– les valeurs multiples de certains graphèmes (e, s, t).
On doit alors demander aux élèves de produire un balisage dans leur phrase, il pourra ensuite s’alléger. Cela permet de vérifier les accords, comme ici par exemple :

L’identification des classes est en effet nécessaire pour bien orthographier, tout comme le rôle la fonction de chaque groupe de mots dans la phrase.
Proposition de progression de l’ouvrage concernant l’accord S-V :
Au CE2, on stabilise les connaissances de base.
Au CM1, on complexifie l’accord en utilisant une plus grande variété de noms et en introduisant des formes verbales homophones.
Au CM2, on introduit des éléments de complexification portant sur le sujet ou sur le verbe, en abordant des constructions particulières et des formes verbales composées.
Les propositions qui suivent concernant l’accord sujet-verbe à la 3° personne,
singulier et pluriel. Il existe des verbes qui posent problème aux élèves.
Nous devons faire prendre conscience aux élèves de l’homophonie des finales verbales à la 3ème personne du singulier et du pluriel des verbes en -er (mange / mangent) et qu’ils comprennent que c’est un piège quand ils écrivent ! Il faut donc mettre en œuvre une stratégie pour déjouer ce piège.
Des noms (qui peuvent être des sujets) posent également problème : les noms collectifs (comme équipe, monde, classe, tout le monde, foule…), les noms coordonnés, composés de 2 noms (ex : Lola et son frère), les noms avec expansion (Les gros chiens de la rue voisine) ou quand un pronom précède le verbe (Thomas les regarde). L’identification du sujet devient alors ici difficile. Une attention particulière est donc nécessaire. J’ai tenu compte de tout cela dans les cartes jaunes du jeu que j’ai créé.

Vous trouverez ici plusieurs ressources et liens concernant l’orthographe pour aller plus loin :
La conférence sur l’orthographe de l’IEN Patrick Luyat (podcast)
Mon article sur la création de phrases pour les copains
Un autre article où les élèves doivent inventer des phrases en accordant correctement
Le diaporama contenant quelques remue-méninges orthographiques
Le lien pour commander le livre « Comment enseigner l’orthographe aujourd’hui ? » (sur le site de l’éditeur)
Je vous propose ici une dictée diagnostique (avec deux niveaux) pour évaluer les progrès de vos élèves :
Elle est à réaliser 3 fois dans l’année en commençant une première fois la semaine de la rentrée.
J’espère que cet article vous aura plu et aura pu vous aider un peu dans votre réflexion sur l’orthographe.
A bientôt !





8 Commentaires
Dedel
Un grand merci pour ce superbe travail et la réflexion autour de l orthographe !!! C est une mine d’or !!!
Sandrine Juilllard
Merci pour cet article très intéressant. Je suis dans cette même démarche.Je vais m’empresser de tester le jeu.
Emilie
Bonjour et merci pour ce travail de qualité incroyable et tellement inspirant.
(Sur le powerpoint du remue méninge orthographique, la consigne est à modifier pour l’activité relie les GN sujet à la bonne forme verbale.)
Merci encore!
Maitrefafa
Je vais aller changer alors mais tout le monde peut le changer
Hulda
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Bonjour 🙂 Très bonne idée de regrouper toutes ces bonnes idées.
Je voulais seulement vous signaler une petite correction :
Dans l’ouvrage ‘que’ je viens de vous parler…
Ça sent l’hésitation entre ‘dont je viens de vous parler’ et ‘l’ouvrage que je viens de mentionner’
😀
MO
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morganonie
Bonjour,
merci pour cet article très intéressant. Je n’arrive pas à ouvrir le power point remue méninge. Est-il désactivé à la suite de la publication du fichier photocopiable?
Merci